Ahmed Sylla, voilà sa différence !

Hyde Park mag était présent pour assister au nouveau spectacle d’Ahmed Sylla, en ce jour pluvieux de la Toussaint. Comme un écho au temps maussade, l’artiste débarque d’un pas lent, longue veste camel, voix basse, petite tasse à expresso à la main, dissertant sur le thème de son spectacle « Différents ». Déroutant, car on est à des années-lumière des entrées bling-bling en vogue chez les nouveaux rois du stand up. Contre-pied immédiat. Ce spectacle sera donc bien différent ?… On est interloqué.e.s, avant qu’il n’imite le public : « Psst, ça va être comme ça tout le spectacle, parce que ça va être chiant ! ». Le ton est donné, celui de l’autodérision. Le vrai générique peut alors commencer, à la sauce Beyoncé : voilà Ahmed qui se lance dans une chorégraphie ébouriffante au milieu de ses sept superbes danseuses ! Ouf, on a eu chaud ! Première vanne de l’humoriste…

Le show peut enfin démarrer, 1h30 d’une prestation (qui ne suit pas tous les codes du one-man-show et qui peut sembler manquer de liant ici et là avec des transitions quelque peu artificielles parfois), mêlant impro et sketch écrits, mais qui confirme sa signature sur scène, celle d’une capacité peu commune à habiter une galerie de personnages divers et variés, des hommes et (surtout !) des femmes dont il absorbe mimiques et phrasés.

Le fil rouge de son nouveau show ? L’exploration des frontières. Celles entre les filles et les garçons. Celles entre l’homme et l’animal, occasion savoureuse de digresser sur le premier homme à avoir essayé de manger une langue de bœuf. Ou encore celles de l’homme et la technologie, sur laquelle il va longuement s’attarder, dans un sketch sur un automobiliste un peu trop accro à son (imparfaite) application Waze. Mais aussi les frontières entre peuples. Sylla creuse son sillon, fait défiler les accents, jongle avec les personnages, à l’aise, enveloppant.

Ce one-man show avec quelques imperfections liées au rythme, fait quand même mouche et touche toutes les tranches d’âge. Ahmed Sylla est généreux et touchant, surtout quand il évoque le souvenir de son père décédé. Il sait également rire de lui-même, admettant s’être embourgeoisé et s’il peut compter désormais sur sa carte bleue, sa nouvelle lubie pour les huiles essentielles est cher payée et n’a pas prouvé son efficacité !

On a bien ri, pas de bout en bout aux éclats mais c’était somme toute un bon moment !

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