HER FOR HIM AU TRETRIS

Dans le cadre de son unique et dernière tournée, le groupe Her s’est produit au Tétris (Le Havre) le jeudi 11 octobre 2018.

Il incombe désormais à Victor Solf de poursuivre et de porter seul (avec le concours de ses musiciens tout de même) Her, projet originellement conçu en duo (si ce n’est fusionnel, du moins complémentaire) avec un ami rencontré dans un lycée de Rennes, Simon Carpentier (mort en 2017 à 27 ans d’un cancer).

Le chanteur et claviériste a donc endossé une nouvelle fois son élégant costume – il tombera la veste au cours du concert – pour s’acquitter ce soir-là avec brio, énergie et vitalité de cette tâche élégiaque mais jamais entachée de pathos.

En effet, il n’a pas démérité, notre chanteur, ne s’épargnant guère, dansant en rythme, se frappant la poitrine rapidement avec son poing, yeux fermés, levant la main au ciel, rompant avec une certaine tradition de l’interprète statique qui ne sait pas trop quoi faire de son corps. Victor Solf possède en outre une subtile sensualité qui rappelle quelque peu, dans son propre style et dans un autre genre, Freddie Mercury, Bruno Mars et tous ces hommes qui mettent en avant autre chose qu’une virilité surjouée, machiste et grossière aux conséquences sociétales terribles.

Le public, féminin comme masculin, est conquis.

Il a ainsi défendu de sa voix grave, éraillée et lascive les chansons de l’album Her, écrites à quatre mains en anglais. Rédiger ces textes dans une langue étrangère, apprise et vécue très tôt, a permis aux deux membres fondateurs du groupe d’atteindre une forme de désinhibition dans le processus d’écriture. Le mystère de ces mots ne cède effectivement pas facilement, se mérite et l’ambiance, sous les spots de couleur, n’en est que plus intense et planante, pour peu qu’on ose se laisser dériver sur des accents électro aux influences variées.
Vient le titre Five Minutes, popularisé par une pub pour une fameuse marque d’ordinateurs. Cinq minutes et l’éternité. Victor évoque pudiquement à mots couverts Simon. Her, c’est fini. Mais, promis, il continuera d’arpenter en solo une route commencée à deux. Nous l’y attendons.

Yann Le Loarer

Photo Mickael Liblin

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