Give My Love to Marianne

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Aidée d’un assistant, une femme entre péniblement sur la grande scène du Volcan. Elle reçoit aussitôt une salve d’applaudissements. Marianne Faithfull, légende vivante du rock anglais, se tient debout devant une salle comble et salue l’auditoire avec la simplicité et l’assurance d’une reine bohème. Peut-on rêver d’un plus beau choix pour ouvrir avec panache et fierté la nouvelle saison culturelle havraise ?

Accompagnée de son guitariste, Robert Duncan McVey, et de son batteur, Robert Damian Ellis, la chanteuse débute son set avec « Give My Love to London » (tiré de l’album éponyme publié en 2014). La voix, lestée d’un vécu indéniable, contraste alors avec la frêle silhouette qui s’appuie sur une canne : rocailleuse et puissante, à mille lieues des canons actuels aseptisés et génériques. Une lionne blessée n’en rugit pas moins.

La Reine ne peut pas danser, mais la Reine chante. Happé, le public ne démentira jamais son enthousiasme et applaudit l’artiste à la fin de chaque chanson.

L’émotion s’intensifie lorsque Marianne Faithfull livre en avant-première la déchirante chanson « They Come at Night », qu’elle a écrite en réaction aux attentats du 13 novembre 2015 et qu’elle interprétera au Bataclan le 25 novembre prochain.

Les applaudissements redoublent encore davantage pour cette femme bien de son temps, revenue de toutes les épreuves et rescapée d’une époque propice aux excès.

Le visage crispé par la douleur, Marianne Faithfull s’excuse et s’assoit sur le fauteuil placé derrière elle pour poursuivre, car jamais il n’est question d’abandonner la partie. « I need a moment », prévient-elle en ouvrant son petit sac Chanel pour en extraire son paquet de cigarettes et s’en griller une sous les applaudissements des spectateurs conquis. S’ensuivent le mythique « As Tears Go By » qui signa son acte de naissance artistique,

« Vagabond Ways », « Deep Water » …

A l’issue d’un set écourté, Marianne Faithfull se lève et entonne « The Ballad of Lucy Jordan ». Elle quitte la scène entourée de ses deux musiciens, sous une standing ovation. La lionne a vacillé sans jamais se rompre et a remporté le round.

Yann  Le Loarer

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