LA PRÉSIDENTIELLE DANS LA PRESSE ÉTRANGÈRE

A deux jours du premier tour, que pensent les médias étrangers de la Présidentielle française ? Revue de presse.

SUR LA CAMPAGNE
Sommes-nous en train de vivre un moment de l’histoire ou sommes nous en train de nous en raconter. Le Wall Street Journal a tranché. Nous sommes selon le quotidien financier dans « un conte de fée ». Face à une dette publique avoisinant 90% du PIB et une croissance qui stagne depuis cinq ans, nos prétendants au poste suprême auraient ignoré les enjeux économiques de l’élection: « Ils ont l’air d’être en lice pour diriger une version de leur pays qui existe seulement dans l’esprit de la gauche romantique » affirme le journal américain. D’ailleurs, une large partie des médias s’accordent sur ce point: la crise n’est pas assez au centre des priorités de la campagne. The Time Of Israël va plus loin. Le débat se concentrerait sur l’immigration et l’intégration (surtout depuis l’affaire Mohammed Mehra) alors que les statistiques ethniques qui pourraient servir à évaluer les problèmes dans ce domaine sont interdites. Pour le journal israélien, les sondages électoraux français « ignorent l’éléphant présent dans la pièce ». Et le site d’information Polycimic de renchérir que la part la « plus triste de ces élections est que les votants vont faire leur choix en prenant en compte des enjeux tels que l’immigration, les impôts et la stature internationale du candidat alors que tous ces enjeux seront balayés par le problème de la dette de l’Europe. »

SUR LES  CANDIDATS
Deux jours avant le premier tour de l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon est sans conteste l’homme politique tendance du moment. En Amérique du Sud, le candidat du front de gauche ravive les couleurs de l’extrême gauche. Le quotidien argentin Clarin se fait chantre du « candidat des rêves perdus ». L’homme « à la voix grave » et « aux accents de Malraux et De Gaulle », serait celui qui « fait rêver les communistes, les socialistes désenchantés, les ouvriers anxieux face à l’avenir, les retraité et tous ceux qui s’effraient de la distance des autres candidats face à leurs drames quotidiens… ».  Les médias occidentaux  ne sont pas moins laudateurs. Dans une tribune du journal britannique The Guardian, Colin Hines est convaincu que le candidat d’extrême gauche est sur la bonne voie en tentant de « reprendre la main sur l’économie française » via un » protectionnisme progressiste ». Dans les pages du quotidien espagnol El Pais  Jean-Luc Mélenchon est vu comme « sensation du moment ».

SUR LES FRANCAIS
Pour contextualiser son analyse sur l’élection présidentielle, Jason O’Mahony, tente sur le site américain Market Watch une description imagée du peuple français en reprenant un dialogue du film de Woody Allen, Harry dans tous ses états. Dans une des scènes, Allen se voit qualifié des mots suivants: « nihilisme, cynisme, sarcasme et orgasme ». Ce à quoi l’acteur et réalisateur répond: « En France, je pourrais concourir pour la présidence avec ce slogan et gagner ». La plupart des autres médias tentent pour leur part d’expliquer la désaffection historique des français pour le président sortant. Dans un article intitulé « Pourquoi le président français est tant détesté? », le site britanniqueBBC News donne la parole aux français et constate que Nicolas Sarkozy est peut-être mal-aimé à cause de sa politique de droite décomplexée. Le canard anglais The Daily Mail,  veut lui aussi comprendre l’antipathie des français pour Nicolas Sarkozy via un titre évocateur: « Ecœuré du style flashy de leur président et de sa femme lisse, les français préparent le tombereau pour envoyer Sarkozy à la guillotine ». Le Daily Mail rapporte cette phrase d’un membre de l’UMP: « Carla Bruni a été un désastre pour le président ».

SUR L’AVENIR
Malgré une campagne jugée décevante, une importance plus ou moins grande est accordée à cette élection en fonction des pays. Le quotidien Allemand The Spiegel par exemple juge que le choix du candidat aura un impact pour la chancelière d’outre-Rhin Angela Merkel. D’abord dans les négociations sur la politique économique et monétaire européenne (Angela Merkel s’est prononcée en faveur de Nicolas Sarkozy pour poursuivre les discussions sur la dette), mais également sur la politique intérieure Allemande: « Le centre gauche allemand qui accuse un retard sur le parti de la chancelière dans les sondages a besoin d’un coup d’accélérateur. Si Hollande gagne, cela enverrait un signal que la sociale démocratie en Europe et en Allemagne est toujours une force sur laquelle il faut compter ». En Russie on est plus nuancé. L’agence de presse RiaNovosti publie une tribune de Fyodor Lukyanov, rédacteur en chef du Global Affairs Journal. Ce dernier affirme que la Russie se moque des résultats aux élections en France. Le journaliste justifie cette indifférence en mettant en évidence la personnalité même de Nicolas Sarkozy qui n’aurait, à l’instar de Jacques Chirac, développé aucune relation particulière avec Vladimir Poutine. « Il est probablement impossible de développer une relation amicale avec Sarkozy. Egocentrique comme il est, personne parmi les politiciens russes ne comprend la façon dont il pense. »

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